L’atelier

A l’écoute de nos enthousiasmes et de nos coups de foudre, nous créons ou copions à la demande divers instruments ou auteurs.
Deux compagnons luthiers apporteront tous les soins nécessaires à la pérennité de vos instruments et leur utilisation intensive.

• Création ou copie

A cette appellation je préfère celle de réplique.
Il s’agit bel et bien d’un dialogue muet entre 2 luthiers dans lequel, hélas, l’original ne peut plus répondre et c’est bien dommage car l’élection de tel ou tel modèle à copier procède d’une profonde connivence.
Comme au théâtre où le choix d’un partenaire à qui donner la réplique, l’essentiel est dans le premier regard, le reste en découle. Nous avons choisi le peuplier et le sapin, pour cette réplique de Montefiori avec la même curiosité, la même profonde résonance intérieure qu’auraient eu ces mêmes essences cent ans auparavant chez ce luthier italien immigré à Marseille.
La douceur et la légèreté des bois qui nous sont apparues comme les ingrédients indispensables à la réussite d’une demande qui nous a servi de prétexte pour commencer.
En effet, l’original avait fait partie de la collection maison et nous restions inconsolés de sa vente.
Dans quelques semaines, nous aurons peut-être épuisé nos regrets et irons butiner une autre Ecole c’est-à-dire prélever notre butin chez un confrère d’une autre époque pour thésauriser une expérience, assurer une filiation spirituelle ou simplement assumer un phantasme.

• Alto 2 coins

Retour vers le futur effectué avec ce modèle à 2 coins. Il semble en effet que les anciens de l’Ecole de Brescia aient défini aux alentours du XVIème siècle un alto idéal, égal dans les différents registres, chaleureux dans les aigus et puissant dans les graves.
Pourquoi ne pas mettre à la disposition des plus petits une réactualisation de ce modèle mythique auquel de rares altistes de par le monde peuvent avoir accès ?
L’ergonomie nous a conduits à le modifier légèrement et d’ores et déjà construit en 34, 36 et 38cm, ces petits altos convainquent les plus résistants à une esthétique « différente » !

violon alto violons alto

 

• Alto 3 coins

Repérés à l’origine sous l’appellation VIOLA FOR CHILDREN, nos instruments sont appréciés par l’association Suzuki à travers le monde, pour la gratification sonore qu’ils apportent à l’altiste débutant.

la forme au service du son

violon alto Depuis de nombreuses années déjà, l’alto s’est imposé comme un instrument à part entière qui n’a plus de complexes de notoriété à avoir avec ses proches « parents » violon et violoncelle.Musiciens, professeurs et luthiers n’ont eu de cesse depuis vingt ans de contribuer à l’évolution des performances de l’instrument.
Un problème subsistait cependant : par sa taille et par son poids, l’alto est difficilement accessible aux enfants, surtout pour les plus jeunes.

Bien souvent, « l’apprenti-altiste » doit se contenter d’un violon que le luthier a travesti en y plaçant des cordes d’alto. Le son est juste, l’intention louable, le résultat limité : la caisse de résonance d’un violon, même lorsque ce dernier est monté en alto, ne saurait restituer l’envergure acoustique, notamment dans les graves, d’un authentique alto.

Enfin un véritable alto pour les enfants…

D’où le projet de Bernard Sabatier, de réaliser un instrument répondant aux exigences musicales et pédagogiques tout en offrant des qualités ergonomiques adaptées aux plus jeunes. S’inspirant librement de l’architecture acoustique que présente le théâtre antique d’Epidaure, deux ellipses griffonnées un soir sur un coin de table furent à l’origine de l’alto 3 coins. Si certains ne virent au départ que la fantaisie d’un luthier épris d’esthétique avant-gardiste, d’aucuns réalisèrent que l’asymétrie de l’instrument permettait des performances sonores indéniables. En effet, le rehaussement des éclisses sur la gauche de l’instrument, permet de libérer un volume d’air plus important et cela grâce à une « F » largement ouverte. Par ailleurs, le balourd ainsi obtenu relève l’équilibre de l’instrument. Enfin, l’éclisse effacée et surbaissée côté aigus est un avantage pour les instrumentistes qui découvriront plus tard les positions élevées. Ainsi, le son préside à la forme et non le contraire.

alto pour enfant …qui a tout d’un grandL’alto trois coins est vendu entre 480 et 825 € (prix public TTC) pour les tailles de 1/16e jusqu’à 1/2, ce qui représente un budget fort modique pour un instrument fait à la main et fabriqué avec des stocks d’érables et d’épicéas de première qualité provenant de Mirecourt. Des tailles supérieures existent, même si dans l’esprit de Bernard Sabatier, il n’a jamais été question de révolutionner la forme « classique » de l’alto, mais au contraire d’adapter la forme en fonction de l’instrumentiste. On l’aura compris : c’est avant tout l’intention pédagogique qui a présidé le choix du luthier.

Un tel engouement pour l’alto trois coins n’aurait jamais pu être sans la collaboration précieuse d’amis luthiers, tels que Bruno Dreux et Paul Beley ou encore de la Maison Savarez Corelli qui fabrique spécialement pour l’alto de petite taille les cordes de deux tirants différents.

Depuis le 24 octobre 1995, date à laquelle Bernard Sabatier conçut le prototype de l’alto 3 coins, près de mille cinq cents instruments ont été réalisés selon le même modèle. Un succès croissant comme le prouve chaque année le nombre des commandes enregistrées. L’intérêt des professeurs est d’autant plus appréciable qu’ils peuvent ainsi initier des enfants dès le plus jeune âge à l’alto, et ceci pour un rapport qualité prix défiant toute concurrence.

 

• L’Arpegina 5 cordes

Il arrive que l’on se sente prisonnier entre 4 cordes, la cinquième permet de s’évader. Pas fat, mis, , pit du do, las, si solitaire et a-mi grave.
Et comme il fallait bien donner un nom à cet instrument, il fut emprunté à la fille du geôlier : Gina. Bienveillante irrévérence au créateur d’un instrument encombrant jusque dans son nom. Son embonpoint désuet empêcha peut-être sa descendance…L’Arpeggione de STAUFFER était de la taille d’un violoncelle auquel on avait ajouté deux cordes.
Dans l’Arpegina, la terminaison Gina indique déjà la cure d’amaigrissement imposée au modèle original et tous les papas vous diront que dans Gina, il y a Lollobrigida et ses rondeurs !
Plus léger, cet altiste à cinq cordes n’entend plus les violoncellistes, assis, crier « au voleur* ». La sonate est emballée, envolée : Schubert, décoiffé, enlevé !

* Comme si la cure d’amaigrissement avait atteint le musicien lui-même, l’utilisateur de l’Arpegina est un altiste, qui joue généralement debout quand le violoncelliste joue toujours assis.

 

• Les quintons

Le quinton asymétrique

Pendant de l’Arpegina, voici notre Quinton. Conçu comme la trousse d’intervention d’urgence du violoniste désireux d’éprouver le frisson de l’alto !
Cet instrument tente la gageure de réunir en un tout, deux sonorités complémentaires. Le grand écart avait été fait en allant du mi grave au la avec l’Arpegina. Etendre au mi aigu fut plus facile. En effet, la forme asymétrique favorise les graves et ecrête les aigus de leurs partiels acides. Passer l’archet sur un Quinton est une expérience inouïe.

 

• La restauration

La restauration pose des questions autrement complètes et délicates.

En bref, une intervention touchant à l’aspect ou la structure d’un instrument ne doit jamais être irréversible et elle doit être décidée en pleine connaissance de tous les facteurs constitutifs d’une œuvre.

Des renseignements scientifiques, une culture spécifique en histoire de l’Art, se révèlent en certaines occasions nécessaires avant d’entamer la restauration d’un instrument.

Le groupement de luthiers et archetiers d’Art est alors un recours permettant de faire face à cette entreprise grâce aux contacts facilités certains, musées, certaines personnalités où la confrontation d’expériences similaires vécues par d’autres confrères.
L’éthique professionnelle trouve parfois dans certains cas une épreuve inattendue et exaltante.

 

• La réparation

L’inflation est un avatar de nos sociétés qui atteint les mots eux-mêmes, et à travers eux les personnes qu’ils désignent. Ainsi l’adjectif artisanal est utilisé à la place de bricolé et sous le couvert de réparations quelles pratiques ne cache-t-on pas.

Nous réparons les instruments du quatuor, ceci comprend l’entretien, le remplacement de petites pièces qui sont usées ou qui ne donnent plus satisfaction. Toutes les fractures, qu’elles requièrent ou non l’ouverture de l’instrument, et les raccords de vernis qui les accompagnent sont notre lot quotidien.

Nous jugeons de la pertinence d’une remise en état d’un instrument avec son propriétaire et un devis est établi immédiatement.